A silent theater

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La cantine du personnel

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Arrière-scène

Chambres 101 à 126

La baigneuse

Mister President

La fée clochette

Fin du service

Chambre à Bordeaux

Le chiffon jaune

Description

A SILENT THEATER

The theater of a world in suspension, where the players here, unlike those of Shakespeare, probably remain forever behind the curtain.

The theme of the images of Véronique Boyens refers to the fictional world of Bovary’s women;
socially neglected, abandoned, rooted in a subordinate position to the world around them.
The motivation behind her photographic approach is truly to excite in the viewers the need to
extend the narrative, to expand the universe of the scene into the universe of their experience.

The role of the photographer ends the moment the shutter closes on her completely manufactured scene. It is then that she withdraws from the story and lets the viewer take ownership in the viewer’s own way. No caption beneath the image, just the anecdotal signature of a self-portrait that is secondary to the scene.

Made in undefined areas and rendered anonymous for the most part, Véronique’s photographs
capture the stillness of the place, of the time and of the situation. In that framework, the characters are always at the margin, off center, beyond the edge of the world. Their faces are reduced to masks without nuance, almost expressionless, revealing the hidden mystery of human nature.

The female figures are in waiting, in reflection and in retrospection, or when acting, in the service of others. They quietly suffer their condition and seek to connect to an elsewhere, to a world without connections and distracted in various ways (in reading, in contemplation, lost in reverie,…). Only their dreams can escape the frame. Unless the viewer’s imagination allows them, they may never move beyond the dream but will remain behind the curtain of their lives.

The photographer eliminates all superfluous elements in her compositions so that a silence
settles in. The universal then takes place and her pictures affect the widest possible social panorama. The few details she concedes are intended to implement the dreamlike tale of the picture or to subtly suggest meaning – which is not deliberate. So the stories behind the photographs prohibit any hasty conclusions but come back endlessly upon themselves like a residual dream.

Simple yet mysterious, banal yet poetic, familiar and unfathomable.


UN THEÂTRE SILENCIEUX

Bienvenue dans '‘Un théâtre silencieux’'.
Le théâtre d’un monde archétypal en suspension, où les acteurs ici présents, contrairement à ceux de Shakespeare, resteront probablement à jamais derrière le rideau.

Si le thème des images de Véronique Boyens renvoie à l’univers romanesque des femmes de Bovary socialement oubliées, abandonnées, ancrées dans une position ancillaire par rapport au monde qui les entoure; le moteur de sa démarche photographique est véritablement de susciter chez le spectateur le besoin d’en prolonger le récit. D’étendre virtuellement l’univers de la scène jusque dans le sien propre…

C’est pourquoi le rôle de la photographe s’achève dès l’instant où ses scénarios construits de toutes parts ont imprimé la pellicule. Elle se retire alors de ses histoires qui ne lui appartiennent plus et laisse le spectateur se les approprier à sa manière. Pas de légende donc sous ses images, juste une signature anecdotique du fait que ce sont des autoportraits. Mais cela reste secondaire et ne doit surtout pas être pris au premier degré.

Réalisées dans des lieux déqualifiés, rendus anonymes pour la plupart, les photographies de Véronique veulent capter la fixité de l’endroit, du moment et de la situation. Dans le cadre, les personnages sont toujours à la marge, décentrés, à côté du monde.
Leurs visages sont réduits à des masques peu nuancés, presque inexpressifs, pour témoigner de ce que la nature humaine recèle de caché et de mystérieux.

Les figures féminines sont dans une attente, une réflexion, une introspection ou, lorsqu’elles agissent, le font au service d’autrui. Elle subissent leur condition et cherchent à se connecter à un ailleurs, à un monde de pacotille par divers moyens (la lecture, la contemplation, un regard fuyant, etc.).
Seuls leurs songes peuvent s’échapper du cadre.
Si l’imagination du spectateur ne leur en donne pas l’occasion, il se peut fortement qu’elles ne passent jamais à l’acte, qu’elles restent derrière le rideau de leur vie.

La photographe tâche d’éliminer de ses compositions tout élément superflu de sorte qu’un certain silence s’installe dans le cadre, que l’universel prenne place et que ses tableaux touchent ainsi un panorama social le plus large possible.
Les rares détails qu’elle concède ont pour but de mettre en oeuvre le récit onirique de l’image ou d’en suggérer subtilement la signification – laquelle n’est pas délibérée. De sorte que les histoires qui sous-tendent ses photographies interdisent toute conclusion hâtive et reviennent alors ainsi sans fin sur elles-mêmes, tel un rêve rémanent.

Des photographies simples bien que mystérieuses, banales bien que poétiques, familières bien qu’insondables.

Type

Personal Work, Selfportraits, 2008-2009